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Constituciones de Anderson: el código fundacional de la masonería moderna

Redacción Cámara de Maestro · 6 juillet 2026

Définition

Les Constitutions d’Anderson, publiées en 1723 sous le titre Constitution des Francs-Maçons, sont le document fondateur de la franc-maçonnerie spéculative moderne. Rédigées par le pasteur James Anderson et par Jean Théophile Désaguliers, et approuvées par la Grande Loge de Londres, elles établirent le premier code normatif unifié pour l’organisation maçonnique, définissant des principes moraux, une structure administrative et une tradition historique légendaire. Le document fut modifié ultérieurement en 1738 et en 1813.

Contexte historique : formation de la première Grande Loge

En 1717, quatre loges londoniennes composées majoritairement de frères « acceptés » (admis sans appartenir au métier de la construction) s’unirent pour former une Grande Loge, fait qui marque le début de la franc-maçonnerie organisée sous sa forme moderne.

Le premier Grand Maître fut Anthony Sayer (1717), qui intégra deux loges supplémentaires. Lui succéda George Payne (1718-1719), qui rassembla des documents et manuscrits sur l’histoire et les règlements de la maçonnerie opérative. En 1719, Jean Théophile Désaguliers, l’un des principaux rédacteurs des Constitutions, prit la fonction. En 1720, Payne fut réélu, et en 1721-1722, la charge fut occupée par Jean, Duc de Montagu. En 1723, année de la publication, le Grand Maître était Philippe, Duc de Wharton.

Ce processus coïncida avec l’essor de la pensée des Lumières en Angleterre, influencée par des philosophes comme John Locke, Francis Bacon et René Descartes. L’accent mis sur la raison, la tolérance et l’ordre social se reflète dans les principes que les Constitutions établirent pour la fraternité.

Processus de rédaction et d’approbation

En 1721, le Duc de Montagu chargea James Anderson de la rédaction des Constitutions. Anderson, fils d’un membre de la loge écossaise d’Aberdeen (dont il avait été secrétaire), possédait la formation nécessaire.

Comme base, il utilisa deux documents médiévaux : le Poème Regius (1390) et le Manuscrit Cooke (1410). Il se servit également des matériaux rassemblés par George Payne, connus sous le nom de « Constitutions Gothiques », qui comprenaient plus d’une centaine de parchemins et livres d’Italie, de France, d’Allemagne, d’Écosse et d’Angleterre. Payne avait initialement rédigé les trente-neuf Ordonnances générales qui serviraient de base à la régulation.

Anderson termina son travail en 1721 et le présenta le 23 septembre de cette année. Une commission de quatorze membres de la Grande Loge révisa le texte et rendit ses conclusions le 25 mars 1722, conseillant son approbation avec de petites modifications. Les vingt-quatre loges présentes approuvèrent à l’unanimité le rapport. Les Constitutions définitives furent présentées en 1723, signées par le Grand Maître Duc de Wharton et par le Grand Maître Adjoint James Anderson.

Contenu du document

Les Constitutions sont structurées en quatre parties :

Partie historique

Elle comprend quarante-huit paragraphes qui relatent l’histoire légendaire de la franc-maçonnerie depuis ses origines jusqu’à la création de la Grande Loge de Londres en 1717 et l’élection de ses premiers grands maîtres. Ce récit, qui fait remonter la maçonnerie à des figures comme Euclide, des personnages bibliques ou le roi Athelstan, constitue une tradition mythique, non un récit historiquement vérifiable. Le dossier qualifie expressément ces contenus d’« histoire légendaire » et de « mythe ».

Devoirs ou Obligations

Il établit les règles morales et de coutumes que les maçons doivent observer, divisées en six points :

  1. De Dieu et de la Religion.
  2. Du Magistrat civil.
  3. Des Loges.
  4. Des Vénérables, Surveillants, Compagnons et Apprentis.
  5. De la direction des métiers pendant les travaux.
  6. De la Tenue (réunion maçonnique).

Ces devoirs reflètent les principes de tolérance religieuse et de respect de l’autorité civile caractéristiques des Lumières.

Règlements généraux

Compilés initialement par George Payne, ils établissent les normes administratives et de fonctionnement de la Grande Loge et des loges particulières, définissant la structure organisationnelle de la fraternité.

Quatrième partie

Le dossier mentionne que les Constitutions comprennent quatre parties, mais n’achève pas la description du contenu de la quatrième section.

Éditions postérieures

  • 1738 : une deuxième édition révisée fut publiée.
  • 1813 : de nouvelles modifications furent apportées après l’unification des deux Grandes Loges anglaises.

Ces révisions adaptèrent le texte original aux changements organisationnels et doctrinaux de la franc-maçonnerie au cours du XVIIIe siècle.

Signification et impact

Les Constitutions d’Anderson constituent le premier code normatif de la maçonnerie spéculative et établirent des principes fondamentaux qui ont guidé la fraternité jusqu’à nos jours :

  1. Elles unifièrent sous un même cadre normatif des loges qui fonctionnaient jusqu’alors de manière indépendante.
  2. Elles établirent des principes de tolérance religieuse et civile qui permirent la coexistence d’hommes de différentes croyances et positions politiques.
  3. Elles définirent une tradition historique légendaire qui, bien que non vérifiable documentairement, procura un sentiment de continuité et de légitimité.

Le document influença décisivement l’organisation des Grandes Loges fondées ultérieurement dans d’autres pays, devenant un modèle pour les constitutions maçonniques du monde entier.

Débats historiographiques

L’historiographie maçonnique a débattu de divers aspects :

  • Paternité : il existe une discussion sur la contribution relative de James Anderson et de Jean Théophile Désaguliers.
  • Sources médiévales : l’utilisation du Poème Regius et du Manuscrit Cooke a été évaluée de manière critique, établissant la distance entre la tradition légendaire qu’ils contiennent et les faits documentés.
  • Affirmations douteuses : certaines affirmations, comme la prétendue initiation du roi Charles II aux Pays-Bas entre 1649 et 1660, manquent de soutien documentaire et ont pu être incluses pour flatter la monarchie.
  • Théories sans fondement : les théories liant la franc-maçonnerie aux Chevaliers Templiers, aux Rose-Croix ou aux jacobites sont considérées par l’historiographie actuelle comme des spéculations ou des mythes.

Les Constitutions d’Anderson représentent le point de départ documenté de la maçonnerie spéculative moderne. Leur publication en 1723 consolida le processus organisationnel initié en 1717 et établit des principes de fraternité, de tolérance et de perfectionnement humain. Bien que son récit historique légendaire ne résiste pas à l’analyse critique, le document constitue un témoignage fondamental pour comprendre l’évolution de l’une des traditions fraternelles les plus influentes de l’histoire occidentale.

Sources